Participation citoyenne en commune : 3 démarches Cap Collectif pour les villes de +10 000 habitants
Participation citoyenne en commune : 3 démarches Cap Collectif pour les villes de +10 000 habitants
Bienvenue dans cette série de cas d’usage Cap Collectif !
Chez Cap Collectif, nous accompagnons les collectivités au quotidien dans leurs projets de participation citoyenne. Aujourd’hui, cap sur les communes de plus de 10 000 habitant·es. Et parce que rien ne vaut l’exemple concret, nous ouvrons les coulisses de trois démarches menées avec succès.
3 enseignements pour réussir la participation citoyenne dans votre commune
Au programme :
- La ville de Besançon et sa concertation pour co-écrire le règlement d’un carré écologique dans un cimetière
- La ville de Suresnes et son questionnaire citoyen sur l’intelligence artificielle dans les services publics
- La ville de Lille et sa concertation sur la piétonnisation de la Grand’Place
Et parce que la démocratie locale peut aussi faire sourire, on glisse un bonus lillois en fin d’article !
Prêt·e à découvrir comment ces villes ont fait de la participation citoyenne un vrai levier d’action publique ? C’est parti !
À Besançon, les habitant·es co-écrivent le règlement du cimetière de demain
Le défi : créer un carré écologique en partant des attentes des habitant·es
À l’heure de la transition écologique, de plus en plus de Français souhaitent réduire leur empreinte environnementale jusque dans leurs derniers choix. Pour répondre à cette demande croissante, la Ville de Besançon a décidé d’étendre son cimetière Saint-Claude et d’y créer un carré écologique, un espace réservé aux inhumations limitant l’impact environnemental.
Mais plutôt que de rédiger un règlement en interne, la Ville a fait un choix : co-écrire ce règlement avec ses habitant·es. La participation citoyenne est devenue ici un outil de co-construction concrète, appliqué à un sujet rarement mis sur la place publique.

Une concertation en trois dispositifs complémentaires
La démarche a été structurée autour de trois modalités de participation, permettant à chacun de s’engager selon ses disponibilités et son profil :
Un questionnaire en ligne pour recueillir les avis sur les matériaux, le fleurissement, le type de sépultures ou encore l’idée d’une forêt cinéraire.

Une consultation ouverte sur la plateforme, permettant à chacun de soumettre ses propres idées sur le cimetière de demain et de voter pour celles des autres. Parmi les propositions les plus plébiscitées : végétaliser les cimetières bisontins, proposer un carré écologique dans tous les cimetières, ou encore offrir un service d’humusation.

Un groupe de travail citoyen réuni en trois ateliers entre mai et juin 2025, composé de volontaires tirés au sort selon des critères de représentativité (parité, tranches d’âge). Un effort d’inclusion particulier a été réalisé en intégrant également des publics accueillis dans des établissements sociaux et médico-sociaux.
Consultez le formulaire de candidature →
À l’issue de ce processus, un avis citoyen a été rédigé collectivement et remis aux élu·es en juillet 2025, accompagné des résultats de la consultation en ligne. Les élu·es ont restitué leurs arbitrages à l’automne 2025. Les travaux sont actuellement en cours.
1 652 participant·es mobilisés sur un sujet inédit
Ce que Besançon nous apprend sur la participation citoyenne en ville moyenne :
Oser les sujets tabous. La mort, les funérailles, l’empreinte carbone du deuil, ce sont des sujets que peu de collectivités soumettent à concertation. Pourtant, les chiffres montrent que les habitant·es s’en emparent volontiers dès lors qu’ils se sentent réellement invités à co-construire.
Combiner les dispositifs pour toucher tous les publics. En associant questionnaire en ligne, consultation et ateliers physiques, Besançon a permis à chaque habitant·e de choisir son niveau d’engagement. Les personnes moins à l’aise avec le numérique ou souhaitant aller plus loin ont pu le faire via les ateliers.
À Suresnes, les citoyennes et citoyens fixent les règles de l’IA municipale
Le défi : encadrer l’IA avec les habitant·es avant de la déployer
La Ville de Suresnes utilise déjà l’intelligence artificielle dans ses services : un chatbot sur son site (SIA), un voice bot disponible en dehors des heures d’ouverture. Mais avant d’aller plus loin et de formaliser une charte de l’IA, la Ville a posé une question simple à ses habitant·es : qu’attendez-vous de l’IA, et qu’en craignez-vous ?
C’est une démarche pionnière : plutôt que de construire une politique d’IA en chambre, Suresnes a choisi d’y associer ses citoyennes et citoyens en amont avant que les arbitrages ne soient pris.

Un questionnaire en 3 axes pour cadrer l’usage de l’IA
La consultation a été structurée autour de trois volets :
La connaissance de l’IA : Avez-vous déjà entendu parler de l’IA ? Quel est votre niveau de maîtrise ? Saviez-vous que la mairie utilise déjà des outils d’IA ? Ces questions permettent de mesurer le niveau de familiarité des habitant·es avec le sujet et d’adapter la communication publique en conséquence.
L’IA à Suresnes : Avez-vous utilisé SIA ou le voice bot ? Pensez-vous que l’IA peut améliorer les services publics ? Cette partie recueille les retours d’expérience concrets des usagers et usagères.
La charte de l’IA : Quelles sont vos attentes prioritaires (qualité de service, transparence, vie privée, participation citoyenne) ? Quelles sont vos inquiétudes (données personnelles, impact sur l’emploi, sécurité) ? Seriez-vous prêt·e à participer à des ateliers pour co-définir les valeurs qui encadreront l’usage de l’IA ?
357 participant·es pour définir l’IA de demain
Ce que Suresnes nous apprend sur la participation citoyenne et le numérique :
La participation citoyenne peut aussi porter sur la politique numérique. Au-delà des projets d’urbanisme ou des budgets, les habitant·es sont capables de se saisir de sujets techniques comme l’IA, dès lors qu’ils sont vulgarisés et présentés clairement.
Consulter avant de décider, c’est possible. En lançant ce questionnaire avant d’écrire la charte, Suresnes commence par un état des lieux : quels usages réels, quelles connaissances, quelles craintes ? Ce diagnostic citoyen vient ensuite nourrir les arbitrages, plutôt que de les justifier après coup. Ce séquencement renforce la légitimité de la politique d’IA municipale.
À Lille, 12 669 habitant·es décident de l’avenir de la Grand’Place
Le défi : choisir entre deux scénarios de piétonnisation
La Ville de Lille souhaitait piétonniser définitivement la Grand’Place (la place du Général de Gaulle), cœur historique de la ville. Deux scénarios étaient à l’étude. Plutôt que de trancher seule, la Ville a lancé une grande concertation citoyenne pour alimenter la réflexion et orienter le choix final.
Le sujet touche directement une diversité d’usagers et usagères : résident·es, commerçant·es, personnes en situation de handicap, usagers et usagères des transports en commun, cyclistes, automobilistes.
La participation citoyenne devenait ici un outil d’arbitrage équitable entre des intérêts multiples.
Deux périmètres soumis au vote des habitants
Le questionnaire présentait clairement les deux options :
Périmètre 1 : les voitures ne traversent plus la Grand’Place entre la rue Faidherbe et la rue Nationale.
Périmètre 2 : le périmètre 1, avec une piétonnisation étendue à plusieurs rues adjacentes, jusqu’à rendre la rue du Curé Saint-Étienne intégralement piétonne.
Les habitant·es étaient invités à choisir leur option, à expliquer leurs raisons, et à partager leurs usages actuels de la place. Les résident·es proches, les commerçant·es et les personnes à mobilité réduite disposaient de sections spécifiques pour exprimer leurs contraintes particulières.

12 669 participant·es, un beau taux de mobilisation
Ce que Lille nous apprend sur la concertation à grande échelle :
Présenter les options clairement pour que le choix soit réel. En proposant deux scénarios illustrés et documentés, plutôt qu’une question ouverte, Lille a permis à chacun de se positionner sur une base concrète. La participation citoyenne n’est efficace que si les habitant·es comprennent ce sur quoi ils se prononcent.
Résultat : 74 % des votants ont choisi le périmètre 2, l’option la plus ambitieuse. Depuis le 12 janvier 2026, la Grand’Place est piétonne.
Inclure les usages réels dans la concertation. Le questionnaire interrogeait les habitant·es sur leur fréquence de visite, leurs modes de déplacement et leurs usages de la place. Ces données permettent de prendre des décisions d’aménagement ancrées dans la réalité des pratiques, et non dans des suppositions.
La transparence comme condition de légitimité. La publication d’un bilan accessible à tous à l’issue de la concertation est une étape clé. Elle démontre que la participation n’était pas une formalité, et que les résultats ont véritablement nourri la décision.

Consultez le bilan de concertation →
Bonus : quand la participation citoyenne donne un prénom à un panda roux
Parce que la démocratie locale peut aussi rimer avec bonne humeur, la Ville de Lille a lancé en octobre 2025 un vote pour nommer le jeune panda roux du zoo municipal.

Trois noms étaient soumis au vote :
- Upa (diminutif de Upahaar : « cadeau » en hindi)
- Koshi (diminutif de Koshi tapu : réserve au Népal)
- Jun (diminutif de Nagarjun : réserve au Népal)
Résultat ? 3 671 personnes ont voté, et c’est Upa qui l’a emporté avec 47 % des voix, devant Koshi (34 %) et Jun (19 %).
Ce cas illustre un principe souvent sous-estimé : la participation citoyenne n’a pas besoin d’être sérieuse pour être utile. Un vote ludique et bien communiqué peut toucher des publics habituellement éloignés des dispositifs participatifs et créer un lien émotionnel fort entre les habitant·es et leur ville.
3 démarches, 3 enseignements pour transformer la participation citoyenne
Besançon, Suresnes, Lille : trois communes, trois tailles, trois sujets différents. Et pourtant, un fil rouge commun traverse ces expériences : la participation citoyenne réussit quand elle est sincère, bien cadrée, et suivie d’effets.
Oser les sujets inattendus. Un carré écologique dans un cimetière, une charte d’IA municipale, un panda roux à nommer, les sujets les plus mobilisateurs ne sont pas toujours ceux que l’on croit. La participation citoyenne fonctionne dès lors que la question posée est réelle et que la réponse des habitant·es compte vraiment.
Adapter le dispositif au territoire et à l’enjeu. Un questionnaire, une concertation multi-dispositifs, un vote en 7 jours : Cap Collectif offre une palette d’outils que chaque collectivité peut combiner selon ses besoins, son calendrier et sa culture de la participation.
Construire la confiance par la transparence. Remettre un avis citoyen aux élu·es, publier un bilan de concertation, s’engager sur une restitution datée : ce sont ces gestes concrets qui transforment une consultation en acte démocratique.
Au-delà de ces trois exemples, une conviction se dessine : quelle que soit la taille de la commune, la participation citoyenne réussit quand elle s’inscrit dans une démarche honnête.
Vous souhaitez lancer votre démarche participative ?
Nos équipes accompagnent les collectivités de toutes tailles dans la conception et l’animation de leurs projets de participation citoyenne. Questionnaire, budget participatif, concertation, votation : nous trouverons ensemble le dispositif adapté à vos enjeux.
