3 départements, 3 applications Purpoz pour les départements

3 départements, 3 applications Purpoz pour les départements


Bienvenue dans cette série de cas d’usage Purpoz !


Chez Purpoz, nous accompagnons les collectivités au quotidien dans leurs projets participatifs. Après avoir exploré les démarches menées par les collectivités de moins de 10 000 habitant·es, cap aujourd’hui sur les départements.


Les trois départements présentés dans cet article sont fictifs. Ils s’inspirent de dispositifs réels que nous accompagnons sur le terrain. Les mécanismes, processus et enseignements décrits reflètent néanmoins des expériences authentiques de participation citoyenne menées à l’échelle départementale.


Au programme :

  • Le Département des Garennes et son Droit d’interpellation citoyen
  • Le Département des Monts-d’Auvergne et son Budget participatif écologique
  • Le Département des Hautes-Vallées et son dispositif « Générations Solidaires »


Trois départements, trois contextes, trois applications Purpoz. Mais un même objectif : inclure activement les habitant·es dans les décisions et les actions qui transforment leur territoire.


À l’échelle départementale, les enjeux de participation citoyenne prennent une dimension particulière : territoire vaste, population importante, diversité des contextes locaux (urbain, périurbain, rural), et compétences spécifiques.


Les trois exemples que nous allons découvrir montrent comment Purpoz s’adapte à ces spécificités pour créer des dispositifs participatifs à la fois ambitieux dans leur portée et ancrés dans les réalités de terrain.


Prêt·e à découvrir comment ces territoires ont transformé l’engagement citoyen en projets concrets ? C’est parti !


Le Département des Garennes : quand le droit d’interpellation redonne la parole aux habitant·es


Localisation

  • Collectivité : Département des Garennes (Occitanie)
  • Nombre d’habitant·es : 1 674 980 habitant·es


Application Purpoz utilisée

  • Type : Pétition
  • Durée de la démarche : En continu depuis mai 2024


Un dispositif permanent pour transformer les préoccupations citoyennes en action publique


Face à la multiplication des sollicitations citoyennes et à la nécessité de structurer le dialogue avec les habitant·es, le Département a fait le choix d’innover en créant un droit d’interpellation citoyenne. La collectivité considère ces remontées comme une composante essentielle d’une démocratie locale active et vivante.


Son objectif est clair : donner aux habitant·es l’initiative d’interpeller le Département sur des sujets d’intérêt général et garantir une réponse structurée et transparente à ces sollicitations. Le dispositif permet d’enclencher des rencontres entre élu·es et citoyen·nes, d’organiser des ateliers pour établir des

préconisations, voire de déclencher des votations citoyennes, le tout dans un cadre légal clairement défini.


Un règlement co-construit et trois seuils progressifs


Le dispositif repose sur un règlement co-construit avec les citoyen·nes en 2023, qui fixe les critères de recevabilité des interpellations et le fonctionnement des différentes étapes. Cette co-construction garantit la légitimité du processus et renforce la confiance entre la collectivité et ses habitant·es.


Le droit d’interpellation citoyen s’articule autour de trois seuils progressifs, chacun déclenchant un niveau d’engagement différent :


À partir de 100 soutiens : la médiation d’initiative citoyenne

Dès que 100 habitant·es soutiennent une interpellation, le Département organise deux rendez-vous de médiation réunissant les représentants de l’interpellation, les services départementaux et les élu·es concerné·es. Ces rencontres permettent un dialogue constructif, une présentation des contraintes techniques, juridiques et financières, et une reformulation éventuelle de l’interpellation. Les échanges sont ensuite publiés sur la plateforme pour garantir la transparence.


À partir de 1 000 soutiens : les ateliers d’initiative citoyenne

Lorsqu’une interpellation franchit le seuil des 1 000 soutiens, des ateliers hybrides sont organisés. Ces ateliers réunissent citoyen·nes et expert·es pour approfondir la réflexion et établir un rapport de préconisations qui sera présenté en assemblée plénière.


À partir de 10 000 soutiens : la votation d’initiative citoyenne

Si une interpellation recueille 10 000 soutiens, le Département propose l’organisation d’une votation citoyenne pour permettre à l’ensemble des habitant·es de se prononcer sur le sujet.


Une accessibilité maximale : numérique et papier


Le droit d’interpellation citoyenne a été conçu pour être accessible à tous les habitant·es, quel que soit leur niveau de maîtrise du numérique. Les citoyen·nes peuvent déposer leur interpellation en ligne sur la plateforme Purpoz ou télécharger et retourner un formulaire papier par courrier. De même, les soutiens aux interpellations peuvent être apportés numériquement ou via un formulaire papier.

Les critères de soutien sont volontairement inclusifs : toute personne âgée de 11 ans et plus, résidant ou travaillant dans le département, peut soutenir une interpellation. Cette ouverture dès 11 ans témoigne de la volonté du Département de considérer les jeunes comme des citoyen·nes à part entière.


Exemple concret : l’interpellation sur le réseau cyclable départemental

L’une des interpellations déposées sur la plateforme illustre parfaitement le fonctionnement du dispositif. Intitulée « Un réseau cyclable départemental à développer », elle a été déposée par des habitant·es préoccupé·es par l’absence d’infrastructures cyclables sécurisées pour les déplacements du quotidien.


Une médiation constructive


Ayant franchi le seuil des 100 soutiens, l’interpellation a donné lieu à une séance de médiation d’initiative citoyenne réunissant les interpellant·es, le délégué à la participation citoyenne, la vice-présidente à la mobilité, et les services techniques du Département.


Cette rencontre a permis un dialogue serein et constructif sur les contraintes et les possibilités d’action. Le Département a présenté son plan d’aménagements cyclables, démarche participative lancée en 2024, en partenariat avec les intercommunalités et les communes.


Des perspectives concrètes


La médiation a débouché sur plusieurs engagements du Département :

  • Création d’un référentiel vélo : publication fait en 2025 pour définir les standards d’aménagements cyclables
  • Formation des agents départementaux : programme de sensibilisation pour créer une véritable culture vélo au sein des services techniques
  • Renforcement des contrôles : vérification systématique de la qualité des aménagements cyclables avant le versement des subventions départementales
  • Poursuite du dialogue : organisation de visites de terrain avec les associations cyclistes et poursuite du travail sur le schéma de mobilité cyclable à l’échelle de tout le territoire


Un compte-rendu détaillé de la médiation a été publié sur la plateforme, accompagné des documents présentés lors de la séance, garantissant ainsi la transparence du processus.


Une évaluation continue du dispositif


Conscient que le droit d’interpellation citoyenne est une expérimentation, le Département a lancé une évaluation du dispositif après plusieurs mois de fonctionnement. Un questionnaire a été mis en ligne pour recueillir les retours de celles et ceux qui ont utilisé le dispositif, afin de comprendre ce qui fonctionne bien, ce qui pourrait être amélioré, et comment le rendre encore plus accessible et utile.


L’objectif de cette évaluation est clair : faire du droit d’interpellation citoyenne un véritable outil de participation citoyenne et de reconnexion des élus et services départementaux avec les habitant·es.


Les clés de réussite du droit d’interpellation à l’échelle départementale


  • Un dispositif permanent plutôt que ponctuel : Le droit d’interpellation citoyenne est un dispositif permanent qui permet aux habitant·es de saisir le Département à tout moment sur les sujets qui les préoccupent.
  • L’importance d’une participation hybride : En proposant systématiquement une participation papier en complément du numérique, le Département garantit que personne ne soit exclu du dispositif pour des raisons de fracture numérique. Cette attention à l’accessibilité est essentielle à l’échelle départementale où les publics sont très hétérogènes.
  • Des seuils progressifs qui créent de l’engagement : Les trois seuils (100, 1 000, 10 000 soutiens) sont parfaitement calibrés pour créer une dynamique progressive. Le premier seuil est volontairement accessible pour permettre rapidement un dialogue constructif, tandis que les seuils suivants garantissent qu’une mobilisation plus large est nécessaire pour déclencher des actions d’ampleur.
  • La médiation comme outil de pédagogie : Les séances de médiation ne se limitent pas à recueillir les remontées citoyennes. Elles constituent un moment d’apprentissage réciproque où les citoyen·nes comprennent les contraintes de l’action publique (juridiques, financières, techniques) et où les élu·es et services découvrent les réalités vécues par les habitant·es. Cette pédagogie mutuelle renforce la qualité du dialogue démocratique.
  • Une transparence totale sur les suites données : La publication systématique des comptes-rendus de médiation, des réponses officielles et des engagements pris crée une traçabilité complète du dispositif. Cette transparence est essentielle pour maintenir la confiance des citoyen·nes et éviter que le droit d’interpellation citoyenne ne soit perçu comme une simple boîte à idées sans suite concrète.


Le Département des Monts-d’Auvergne : quand le budget participatif devient levier de transition écologique


Localisation

  • Collectivité : Département des Monts-d’Auvergne (Nouvelle Aquitaine)
  • Nombre d’habitant·es : 664 453 habitant·es


Application Purpoz utilisée

  • Type : Budget participatif
  • Durée de la démarche : Édition 2 (2024–2026)


Un pari sur l’intelligence collective au service de la transition écologique


Face aux enjeux climatiques et à la nécessité d’accélérer la transition écologique sur son territoire, le Département des Monts-d’Auvergne a fait un choix audacieux : créer un budget participatif écologique qui rompt avec les logiques classiques de financement des projets environnementaux.


Avec ce dispositif, le Département fait le pari de l’intelligence collective au service d’actions de transition écologique inscrites dans le local. L’objectif est double : d’une part, réinventer un modèle de conduite des politiques publiques plus agile et plus proche des citoyen·nes ; d’autre part, générer une dynamique collective capable de rejoindre et d’enrichir la stratégie de transition écologique départementale.


Un dispositif en trois temps : co-construire, déposer, réaliser


Phase 1 : La co-construction du règlement avec une commission citoyenne


Avant même le lancement de la première édition, le Département a organisé 8 rencontres sur l’ensemble du territoire pour constituer une Commission citoyenne chargée de co-construire le règlement du budget participatif. Cette phase de concertation a également permis de cartographier les actions de transition écologique déjà existantes sur le territoire, créant ainsi un socle de connaissances partagées.


Le règlement co-construit fixe les critères de recevabilité des projets et définit les modalités de participation. Seules les associations sans but lucratif peuvent déposer des projets, avec une aide pouvant aller jusqu’à 14 000 € selon les modalités établies pour l’édition 2025–2027.


Phase 2 : Le dépôt et la sélection des projets par les citoyen·nes


Les projets doivent répondre à l’une des cinq thématiques prioritaires définies :

  • Le patrimoine végétal
  • Le petit patrimoine bâti vernaculaire
  • La préservation de la biodiversité (faune, flore)
  • La préservation de la ressource en eau
  • Les projets de sensibilisation et d’éducation à l’environnement

Le calendrier de l’édition 3 (2024–2026) s’articule en plusieurs étapes orchestrées via la plateforme Purpoz :

  • 10 mai au 8 octobre 2024 : Les associations déposent leurs projets directement sur la plateforme. Chaque projet fait l’objet d’une analyse technique par les services du Département pour vérifier sa faisabilité, son respect du règlement et son adéquation avec les thématiques prioritaires.
  • 24 octobre 2024 : Publication sur Purpoz de la liste des projets recevables soumis au vote. Chaque projet est présenté avec une description détaillée, des visuels et une estimation du budget.
  • 1er au 30 novembre 2024 : Campagne de vote 100 % numérique sur Purpoz. Tous les habitant·es du département peuvent voter pour leurs projets préférés.
  • 7 décembre 2024 : Publication sur Purpoz de la liste des projets lauréats, ceux ayant recueilli le plus de votes dans le respect de l’enveloppe budgétaire disponible.
  • Janvier 2025 : Conventionnement entre les associations lauréates et le Département, suivi du versement de la subvention pour permettre le démarrage des travaux.
  • Mars 2025 à juin 2026 : Mise en œuvre des projets par les associations, avec un suivi régulier documenté sur la plateforme Purpoz pour permettre aux habitant·es de suivre l’avancement des réalisations qu’ils ont choisies.


Exemple concret : la co-construction d’un four à pain traditionnel


L’un des projets déposés dans le cadre du budget participatif illustre parfaitement la philosophie du dispositif. Dans la commune de Valprès (nom fictif), un groupe d’une vingtaine d’habitant·es s’est mobilisé pour réfléchir collectivement à l’avenir de leur village.


Une dynamique citoyenne préexistante


Ces réunions mensuelles, animées chaque fois par des personnes différentes, ont déjà permis de créer des moments de socialisation au sein du village :

  • Des cours de langue dispensés par des habitant·es tous les samedis ;
  • Un groupe de lecture ayant débouché sur une représentation publique ;
  • Une journée de jardinage.


C’est dans ce contexte de démocratie participative active qu’est née l’idée de construire un four à pain traditionnel sur la place du bourg.


Un projet à triple objectif


L’ambition de ce projet de four à pain est triple :

  • S’organiser collectivement à l’échelle du village pour construire le four en impliquant un maximum d’habitant·es dans sa construction. La construction se déroulera sous forme de chantiers participatifs animés par un artisan local rompu aux techniques de construction traditionnelle. Chaque étape sera l’occasion pour les habitant·es de mettre la main à la pâte, permettant au plus grand nombre de participer sans engagement.
  • Former tous ceux qui le souhaitent à l’utilisation d’un four à pain traditionnel
  • Créer des événements pouvant rassembler les habitant·es du village mais aussi des communes avoisinantes, valorisant ainsi le patrimoine local. Une fois construit, le four sera au centre de rencontres régulières : cuisson du pain bien sûr, mais aussi de terrines, séchage de fruits, plats cuisinés… Avec un terrain de maraîchage jouxtant l’espace et un compost à proximité, le lieu est propice à des sorties scolaires sur le thème « de la terre à l’assiette ».


Le projet incarne cette volonté de créer des espaces de vie dans les bourgs pour lutter contre l’atomisation sociale, retisser du lien, créer de l’interconnaissance et de la solidarité. C’est réinventer des communs qui ne soient pas régis par la logique marchande, c’est remettre des humains là où les voitures ont investi l’espace.


Au-delà de la dimension pratique, le projet porte une réflexion sur les low tech : à l’heure des nouvelles technologies, il s’agit de sensibiliser à l’intérêt de ralentir, et d’inviter chacun à réfléchir aux moyens concrets d’aller vers une société plus écologique et solidaire.


Les leviers d’un budget participatif écologique qui transforme les territoires


  • La co-construction du règlement comme gage de légitimité : En associant les citoyen·nes dès la définition des règles du jeu, le Département a créé un dispositif dont la légitimité ne repose pas uniquement sur la décision politique mais sur un travail collectif.
  • Un réseau de pairs pour accompagner les nouveaux porteurs : L’une des grandes forces de ce budget participatif est la création progressive d’un écosystème d’entraide entre porteurs de projets. Les lauréats des éditions précédentes deviennent marraines et parrains des nouveaux, créant une dynamique d’apprentissage. Cette mise en réseau des initiatives permet de passer du local à une échelle plus grande et de capitaliser sur les expériences.
  • Un budget dédié à la transition qui structure l’action collective : En fléchant spécifiquement ce budget vers la transition écologique plutôt que vers des projets généralistes, le Département crée une cohérence thématique forte qui permet aux projets de se nourrir les uns les autres.


Le Département des Hautes-Vallées : quand l’intergénérationnel devient levier d’engagement citoyen


Localisation

  • Collectivité : Département des Hautes-Vallées (Bretagne)
  • Nombre d’habitant·es : 2 626 000 habitant·es


Application Purpoz utilisée

  • Type : Mise en relation
  • Durée de la démarche : Dispositif annuel récurrent depuis 2022


Un double défi : l’isolement des seniors et l’engagement des jeunes


La crise sanitaire liée au Covid-19 a révélé avec acuité la fragilité des personnes âgées face à l’isolement social. Dans le même temps, de nombreux jeunes cherchent des moyens de financer leurs projets personnels (permis de conduire, études, formation professionnelle) tout en aspirant à s’engager dans des actions solidaires. Face à ce double constat, le Département des Hautes-Vallées a créé un dispositif innovant baptisé « Générations Solidaires ».


L’ambition du dispositif est triple :

  • Soutenir les personnes fragilisées par la crise sanitaire et lutter contre l’isolement des seniors
  • Encourager les initiatives intergénérationnelles favorisant les échanges et le maintien des liens sociaux
  • Valoriser l’engagement citoyen des jeunes en reconnaissant leur contribution à la cohésion sociale

Un dispositif gagnant-gagnant : 400 € contre 40 heures de solidarité


Le principe de « Générations Solidaires » repose sur un engagement réciproque : le Département propose aux jeunes de 18 à 25 ans un coup de pouce financier de 400 € en contrepartie d’un engagement minimum de 40 heures auprès de seniors de 60 ans et plus vivant à domicile ou résidant en structure (résidences autonomie, EHPAD).


Les actions que peuvent mener les jeunes sont variées et s’adaptent aux besoins des personnes âgées et aux centres d’intérêt des jeunes participants :

  • Aide aux courses et portage ;
  • Promenades et accompagnement aux rendez-vous ;
  • Promenade d’animaux de compagnie ;
  • Temps de jeux, de lecture ou de conversation, etc.


Un partenariat structurant entre le Département et les communes


L’originalité du dispositif réside dans son architecture partenariale. Le Département ne gère pas directement la mise en relation entre jeunes et seniors : ce sont les communes signataires d’une convention départementale de lutte contre l’isolement des personnes fragiles, âgées ou en situation de handicap, qui assurent cette fonction cruciale.


Ce choix de gouvernance présente plusieurs avantages :

  • Les communes ont une connaissance fine des personnes âgées isolées sur leur territoire ;
  • Elles disposent déjà de réseaux de proximité (CCAS, services d’aide à domicile, associations locales) ;
  • Elles peuvent assurer un suivi régulier du binôme jeune-senior tout au long de l’été ;
  • Elles sont légitimes pour garantir la qualité de l’accompagnement.


Les communes partenaires assurent également la sélection des candidat·es sur la base des informations fournies lors du dépôt de candidature sur la plateforme Purpoz. Le projet personnel du jeune et son intérêt pour les actions de solidarité intergénérationnelle sont pris en compte.


Si la commune de résidence du jeune n’est pas signataire de la convention, on peut néanmoins déposer sa candidature : il ou elle pourra être sélectionné·e par une commune voisine partenaire, garantissant ainsi une couverture territoriale maximale.


Une plateforme numérique dédiée pour faciliter les candidatures


Le Département a mis en place un projet sur Purpoz sur laquelle les jeunes peuvent déposer leur candidature. Le dépôt se fait jusqu’au 15 juin de chaque année pour permettre une mise en relation effective dès le début de l’été.


Le formulaire de candidature invite les jeunes à :

  • Se présenter (parcours scolaire, formation, diplômes, activités)
  • Préciser les centres d’intérêt qu’ils souhaitent partager avec des seniors
  • Expliquer leur projet personnel et comment ils comptent utiliser le coup de pouce financier
  • Indiquer leurs moyens de transport
  • Définir leur zone géographique d’intervention


Cette structuration du dépôt de candidature permet aux communes de faire des appariements pertinents entre les attentes des seniors et les compétences ou centres d’intérêt des jeunes, maximisant ainsi les chances de réussite de la mise en relation.


Exemples concrets : des binômes qui transforment l’été


Emma, 20 ans, future infirmière

Emma a déposé sa candidature sur la plateforme début juin 2024. Étudiante en deuxième année, elle souhaitait financer son permis de conduire, indispensable pour ses stages hospitaliers à venir.


Emma a indiqué dans sa candidature qu’elle souhaitait particulièrement partager avec les seniors des moments autour de la musique, de la lecture et de l’aide au quotidien. La commune de Valmont l’a sélectionnée et mise en relation avec Madame Jeanne, 78 ans, ancienne institutrice vivant seule depuis le décès de son mari.


Pendant tout l’été, Emma a rendu visite à Madame Jeanne deux fois par semaine pendant environ 2h30. Ensemble, elles ont partagé des moments de lecture, de promenade au marché local, et de musique.


Lucas, 23 ans, passionné de jardinage


Lucas, en recherche d’emploi après l’obtention de son BTS Aménagements paysagers, avait besoin de financer l’achat d’outils professionnels pour démarrer son activité d’auto-entrepreneur en entretien d’espaces verts. Passionné de nature et de jardinage, il a proposé d’accompagner des seniors dans l’entretien de leur jardin potager et de partager son savoir-faire.


La commune de Hautbourg l’a mis en relation avec Monsieur Albert, 82 ans, ancien agriculteur qui ne pouvait plus entretenir seul son grand potager mais refusait de l’abandonner. Pendant 8 semaines, Lucas a passé ses matinées du samedi avec Monsieur Albert, apprenant les techniques traditionnelles de jardinage tout en apportant son aide physique pour les tâches les plus exigeantes.


À la fin de l’été, Monsieur Albert est devenu le premier client de Lucas lorsque celui-ci a lancé son auto-entreprise.


Les facteurs de succès d’un dispositif intergénérationnel à grande échelle


  • Le partenariat département-communes comme clé de réussite : En s’appuyant sur les communes signataires d’une convention de lutte contre l’isolement, le Département a créé un maillage territorial efficace. Les communes, qui connaissent finement leur population, peuvent identifier les seniors isolés et opérer des appariements pertinents. Ce modèle de gouvernance partagée évite l’écueil d’un dispositif technocratique piloté uniquement depuis le niveau départemental.
  • La contrepartie financière comme levier d’engagement : Le principe des 400 € pour 40 heures ne relève ni du salariat (le montant horaire est symbolique) ni du pur bénévolat. Cette « bourse de solidarité » reconnaît la valeur de l’engagement citoyen tout en aidant concrètement les jeunes à financer leurs projets personnels. Cette approche hybride semble efficace pour mobiliser des jeunes qui n’auraient peut-être pas franchi le pas du bénévolat pur, tout en évitant la logique purement marchande d’un job d’été classique.
  • L’intergénérationnel comme outil de cohésion sociale territoriale : Au-delà de la lutte contre l’isolement des seniors et de l’aide aux jeunes, le dispositif crée du lien social sur le territoire.
  • Un dispositif post-Covid qui s’inscrit dans la durée : Né en réponse à la crise sanitaire et à l’isolement qu’elle a révélé, ce projet s’est pérennisé comme dispositif annuel récurrent. Cette inscription dans la durée témoigne de la reconnaissance par le Département que la lutte contre l’isolement des seniors n’est pas un enjeu conjoncturel mais bien structurel, nécessitant des réponses continues et renouvelées chaque année.


3 démarches, 3 enseignements pour transformer la participation citoyenne à l’échelle départementale


Les Garennes, les Monts-d’Auvergne, les Hautes-Vallées : trois départements fictifs inspirés d’expériences réelles, trois contextes, trois applications différentes. Et pourtant, un fil rouge commun traverse ces exemples : la participation citoyenne est un outil de transformation territoriale à l’échelle départementale.


La participation départementale excelle sur les enjeux transversaux. Les compétences départementales se prêtent particulièrement bien à des démarches participatives sur des enjeux transversaux : la transition écologique, la mobilité, l’intergénérationnel, la solidarité. Ces thématiques dépassent les frontières communales et nécessitent une approche coordonnée à l’échelle du territoire départemental. Les trois dispositifs présentés illustrent comment la participation citoyenne permet de décloisonner l’action publique et de créer des synergies entre acteurs.


Trois départements, trois applications Purpoz, une même promesse tenue : donner du pouvoir d’agir aux citoyen·nes dans les grands territoires.